• SANS DOMICILE FIXE …





    Ils quémandent à l’entrée de la gare

    Pour recevoir l’une ou l’autre pièce

    Un miséreux gratte une guitare

    Y a pas de Bon Dieu dans cette pièce

    Deux flics surgissent et leur crient gare

    Laissez le passage aux braves navetteurs

    Dont l’un savoure, de la Havane, fameux cigare

    Voici le temps de placer des guetteurs

    S’écrie l’un des probes agents

    Car l’hiver à grands pas approche

    Pour se réchauffer ces piètres indigents

    Vont s’incruster dur comme la roche

    Et à foison ils vont cuver leur sale piquette

    Se rouler par terre dans leur souillure

    Et même pisser sur les banquettes

    Montrer leurs dents pleines de rouillure

    Quel beau spectacle pour notre progéniture

    Où allons nous, Monsieur, Madame

    Mais que donc faire de ces pourritures

    Sinon de les cloisonner à Notre-dame

    Le vieil asile là sur la cime

    Où la bise souffle à grandes bourrasques

    Et la puanteur en un temps se décime

    Nous les verrons bien moins fantasques

    Et quand Noël son nez poindra

    La ville sera bien nette croyez-moi

    Puis l’an nouveau nous rejoindra

    Et ils ne viendront sonner chez-moi

    Quelles belles fêtes nous vivrons

    Pourquoi donc faire la charité

    De toute façon ils survivront

    A quoi bon la solidarité …


  • PREMIERE SOIREE …





    J’imagine notre première soirée

    Ensemble

    A la basse marée

    Pourvu qu’elle ressemble


    Au ciel de tes yeux bleus

    Aux lavandes de Provence

    Aux blés de tes cheveux

    Au baiser du silence


    Et puis qu’elle nous emporte

    Aux tourbillons des cieux

    Qu’un ange nous escorte

    Aux édens gracieux


    Quand je t’inviterai

    A danser italien

    Ensuite t’emporterai

    De mes pas éoliens


    Survoler calmes flots

    Pour voir soleil couchant

    Viendront mille matelots

    Fredonner bien doux chant


    Puis nous laisserons aller

    Aux étreintes amoureuses

    Quand viendra s’installer

    Eros… en nos veines fiévreuses


  • TOI LA FEMME, TOI NOTRE MERE …





    J’ignore ce qui en toi me captive

    Peut-être ta mine craintive

    Sur ce calvaire cruel

    Sans nul rituel


    Ou bien ton cœur de mère

    Oh jamais éphémère

    Pour les enfants du monde

    Je n’en doute une seconde


    Mais je soupçonne ton Dieu

    Qui laisse tout faire pardieu

    Même aux plus frêles bambins

    L’âge l’a-t-il rendu lambin


    Je t’en prie donc Marie

    Avant que tout ici ne s’avarie

    Remue vivement le Père

    Tapi dans son repère …


  • D’UN 20 FEVRIER A UN 11 SEPTEMBRE …





    Lune rousse naissante

    Belle plume glissante

    Lune rousse derrière la porte

    Grand plaisir elle apporte


    Lune rousse crépuscule

    Et mon âme bascule

    Lune rousse incendie

    La voilà toute hardie


    Lune rousse volcan

    S’enflamme le pélican

    Lune rousse dentelle

    Profusément sensuelle


    Lune rousse se sent seule

    Et j’attrape la sale gueule

    Lune rousse qui suis-je

    Bien tristement qu’y puis-je


    Lune rousse séduction

    Là point de déduction

    Lune rousse répit

    C’est bien à mon dépit


    Lune rousse et demain

    Je la garde en sous-main

    Lune rousse transparence

    Plus belle que Florence


    Lune rousse mon amour

    Absolument glamour

    Lune rousse ne dit rien

    Je redeviens triste terrien


    Lune rousse renaissance

    J’ai mon âme en croissance

    Lune rousse la nuit

    Dès que sonne minuit


    Lune rousse mosaïque

    Et nullement prosaïque

    Lune rousse et les heures

    Dix mille wattheure


    Lune rousse ...

    ???

    Lune rousse au revoir

    Très dur à recevoir …


    http://lune-rousse.skynetblogs.be/






  • PLUS FORT QUE LA MORT …





    Au plus profond de la terre

    Durant que ma dépouille l’on enterre

    Mon esprit demeure impérissable

    De ton amour il se veut inlassable


    J’emporte avec moi ton image

    Au jour de ton plus coruscant grimage

    Naturel quand à moi tu te donnais

    Et lorsque foudroyante tu t’abandonnais


    Me voilà dans mon nouveau domaine

    Emprisonné sous une dalle romaine

    Ouïssant tes pleurs douloureux

    Brisant ton cœur plus que jamais amoureux


    Silencieusement ma conscience te rejoint

    Et délicatement tes larmes elle disjoint

    Deux nouvelles rivières viennent de naître

    Au confluent de nos âmes l’on peut se repaître …


  • FIDELITE …





    Quand dans la vie on croque

    Un amour réciproque

    Teinté de fidélité

    Grandit la félicité …


  • POURQUOI …





    Solennelle comme une grand messe

    Tu me ressassais sans cesse ta promesse

    Jamais je ne me lasserai

    De toi je ne me passerai


    Tes mots d’amour retentissaient dans ma tête

    Mais voilà qu’aujourd’hui je m’entête

    A savoir pourquoi sans mot dire mon cœur tu as fracturé

    De te perdre je me sens tout courbaturé


    Ma vie m’échappe et n’a plus d’entendement

    Tu ne nous autorises aucun amendement

    Que peut-il se passer dans l’esprit d’une femme qui aimait tant

    Pour savoir je parcourrais l’univers en ton nom ébruitant


    Le plus dur est de ne point comprendre

    Toi qui inattendue adorait de ta présence me surprendre

    Aujourd’hui dans mon sang glacé se prolonge ton absence

    Je suis l’amant qui d’un Dieu subit mortelle sentence …