• HOSPICE DU SAINT-SUPLICE …





    Valise à même genoux

    Croupie sur voiturette

    Ultime bruit de verrou

    On l’emporte muette


    Faut vous dire que la vieille

    Elle prend trop de leur temps

    Et gaspille son oseille

    Pour quelques gens l’aidant


    Bien sûr qu’elle se plaira

    Là-bas dans cet hospice

    Où chaque jour elle priera

    Bonnes sœurs du Saint-Suplice


    Une immense chambre froide

    D’aïeules toutes allongées

    Et déjà presque roides

    Telles les dalles plus qu’usées


    On viendra le dimanche

    De l’une ou l’autre semaine

    T’apporter roses blanches

    Si rien ne nous réfrène


    Te voilà entre bonnes mains

    Signe nous procuration

    Nous gérerons tous tes biens

    Et vendrons la maison


    Déjà midi qui sonne

    A très bientôt maman

    Sache que notre cœur rayonne

    S’éloignent nos tourments …


  • RAPT PARENTAL …





    Toi le petit garçon

    Qui n’a rien demandé

    Ton père t’a emmené

    En créant érosion


    Brûlante comme un désert

    Dans le cœur de ta mère

    Dont les yeux versent rivière

    Chaque vingt-quatre heures entières


    Te voilà déchiré

    Et l’esprit chaviré

    De ne savoir que faire

    Perdant moindres repères


    Pour toi tout est déluge

    Dans l’attente qu’un juge

    Prenne une décision

    Pour endiguer scission


    Et ainsi rendre raison

    Car tu n’es point l'otage

    Et encore moins rançon

    De l’homme faisant ombrage


    A ta tendre maman

    Juste pour le plaisir

    De vouloir la détruire

    De par ses vilains plans


    Sache combien elle t’aime

    Ô toi son petit ange

    Pour qui son âme se meurt

    Tant ne se perce l'œdème …


  • L’ENFANT ET LES FLEURS …





    Fillette, toi qui aimes les fleurs

    Au jardin elles vivent

    Dans le vase, elles son appelées à mourir

    Tu es aussi la fleur de la vie


    Pour toi, le plus beau des jardins

    Est le coeur de ta douce maman

    En lui se trouve

    Le plus éclatant des diamants


    Toi, petite fille

    A qui elle a donné la vie

    Sois l’amie des fleurs

    Elles sont porteuses de bonheur


  • QUATORZE FEVRIER …





    Bonjour ma chérie

    Bisou du matin

    V’là Saint-Valentin

    Journée de féerie


    Quelle mine toute gentille

    Je t’offre un écrin

    Un bouquet d’lupins

    Vois comme tu pétilles


    Merci mon chéri

    Mon tout p’tit lutin

    Que je sens coquin

    Ô jamais aigri


    Acquiers donc ceci

    Mes petits câlins

    S’pèce de vilain

    Tu m’les rends aussi


    Mon amour je t’aime

    Tu me rends si fou

    V’là mon coup d’grisou

    Y aura pas carême


    Mais où tu m’emmènes

    Là sous le pilou

    Où tu m’veux filou

    Que plus rien ne m’freine


    Dis mon Valentin

    J’te mordille l’oreille

    Puis ton gros orteil

    Fais toi libertin


    Chut ne dis plus rien

    Sois toujours pareille

    Au petit réveil

    N’dis jamais tintin …


  • FATMA …





    A PRENDRE AU SECOND DEGRE - HUMOUR…


    Y avait di bordel... sur li table

    Derrière sa bourka... elle si foutait

    Pis ji l'a enfermé... dans l’étable

    Et totes les gattes... elles li sont venues


    Et ji l’a tapé, tapé, Fatma, comme une chienne

    Elle a pleuré, pleuré, oh ! c'itait pas la peine


    Alors ji l’a... enculé l’âne

    Puis la Fatma... elle mi a essuyé

    Ji li avais... li quequette tote noire

    Et des p’tites bêtes... qui mi chatouillé


    Et ji l’a enlevé, enlevé, Bourka, di la païenne

    Et ji l’a baisé, baisé, oh ! ji l’étais ine éolienne


    Ji l’a tapé... plein son visage

    Ecumant ma rage... sous si les yeux mouillés


    Et ji l'a pardonné, pardonné, Fatma, car il est mienne

    Et ji l'a embrassé, embrassé, oh ! ça l’est mon algérienne


    Et ji l’a crié, crié, Fatma, viens li faire couscous à Ali

    Et ji l’a tué, tué, oh ! il était lesbienne


    Y avait di cochon sur li table …


  • LE RÊVEUR …





    Rêvant au firmament

    Ondulant sur nuage

    Hors d’un monde virulent

    Il esquive l’engluage


    De sa vie qui l’atterre

    Céans où tout fait mal

    Au quotidien l’enfer

    En son cœur séismal


    Destinée vallonnée

    De moult déceptions

    La moindre joie gommée

    Comme erreur d’addition


    Additions de tristesses

    Coulant au fil du temps

    S’écroule toute promesse

    Tel un maudit printemps


    Subissant les mensonges

    Depuis sa tendre enfance

    Vraiment ceux à rallonges

    Qui altèrent toute chance


    Photos d’instants de vie

    Certes il se les invente

    D’un amour, d’une famille

    Ses rêves il oriente …