• AUX PORTES DE LA SOIXANTAINE …





    Aux portes de la soixantaine

    Pourtant seize ans hier encore

    Toi pure telle l'eau de la claire fontaine

    Foutu temps qui file vers la mort


    Ma tête s’enchaîne de souvenirs

    Un plancher aux premiers pas de danse

    Ton visage interprétation du sourire

    Un premier slow fragile faïence


    Fragrance du baiser originel

    Sève mystérieuse brûlant nos veines

    Trop forte envie, péché mortel

    Regards parentaux qui nous freinent


    Premier amour aux rendez-vous masqués

    L’envie de fuir ce monde adulte

    Par trop sur nous braqué

    Brisant nos cœurs tout en tumulte


    Puis vint la fin par eux voulue

    Pour chacun de nous le pensionnat

    De part et d’autre à perte de vue

    Chez-nous week-ends, même l’internat


    Chaque jour tu hantes ma mémoire

    A plus de quarante berges écoulées

    Jamais infime perte d’espoir

    De te revoir, de ma tête ne s’est dérobée …


  • BRUITS DE BOUCHES …





    Où s’enfuient mes mots

    Quand mes lèvres se closent

    Sous terre six sabots

    Ou aux cieux se posent


    Mots d’une existence

    Empreints de douceur

    D’un amour immense

    D’aloi le meilleur


    Les entendez-vous

    D’eux me voilà sourd

    J’en perds mon bagou

    Mon cœur se fait lourd


    Mais rattrapez-les

    Je vous en supplie

    Dans ce grand filet

    Gaffe que l’manche ne plie


    Où émigrent les vôtres

    Croisent-ils les miens

    Dites-moi bons apôtres

    J’égare mon latin


    Me restent les maux

    De cette perte énorme

    Ceux de bas niveau

    J‘les perçois difformes


    Quand viendra ma mort

    Vous et le notaire

    Criez donc très fort

    Vite fermez ma bière


    Pour que ne s’échappent

    Vos quelques paroles

    Car sous l’énorme chape

    Plus rien ne s’envole …


  • AMOUR SERIEL …





    La tête qui me cogne

    Démesurée pour femmes

    Encore je déraisonne

    Sans me sentir infâme


    Rien qu’une dans mes draps

    Lui dire je t’aime, je t’aime

    Mais tais-toi donc vieux rat

    Range donc ton cœur bohème


    Quand une autre dans mes bras

    Je remets la même crème

    Encore etcetera

    Tas de mots doux je sème


    Avec cette certitude

    Que jamais je ne mens

    J’suis en béatitude

    M’offrant au tout venant


    Car aimer au pluriel

    Vaut mieux que moindre guerre

    Et ce plaisir sériel

    Enchante vocabulaire


    Tendresse qui s’exprime

    Ample congestion d’amour

    Remède contre déprime

    Dans l’agenda chaque jour


    Domi premier du mois

    Monique lendemain unique

    Béa voilà de trois

    Et ainsi d’suite Annick


    Trente et un sur le cul

    Mais tôt reprendre haleine

    Refusant d’être vaincu

    Par demain belle Hélène


    Comment vous dire Mesdames

    Là termes je ne trouve pas

    Vite m’envahit le charme

    D’une inédite nana


    Oh oui toutes je vous aime

    Alors rendez le moi

    Et venez par centaines

    Me gratifier d’émois


    Murez-moi de caresses

    Mettez-y tout votre soin

    Rugissez telles tigresses

    Au lit, voire dans le foin


    Sûr qu’au champ de bataille

    Je mourrai donc exsangue

    Plus bas que votre taille

    Céans votre noble triangle …


  • HEUREUX ANNIVERSAIRE GABRIELLA …





    V’là ton anniversaire

    Cinquante-neuf printemps

    Mais t’as pas l’air d’hier

    Ben vraiment j’suis content


    Bonheur intense à toi chérie

    Tout au long de cette berge

    Que chaque jour soit féerie

    Pour cela, j’brûle un cierge


    Bisous tendresse …


  • D’UN DEUX JANVIER A L’AN PROCHAIN …





    Expirent discrètement les souhaits passés

    D’hier seulement, ce premier de janvier

    Que rejaillit innocemment déjà ce monde réalité

    Gommant hâtivement le mieux dont vous rêviez


    Cascades de sang jaillissent tout autant

    En des contrées oui ou non dites civilisées

    Où despotes, voire démocrates, guident le souffle du vent

    Pouvoir de vie, de mort, d’existences brisées


    Car ici bas, Madame, ce qui régit, oh que certes, seul le fric

    Subséquemment à votre emprise ou votre vulnérabilité

    Pleuvront abondamment avoirs ou coups de triques

    Idéalité vécue par certains, pour d’autres sinistre fatalité


    Tandis que chez nous on se confère suave lucidité

    D’alimenter un jour l’an nos pauvres sans abris

    Nos médias dévoilent à grand bruit nos cœurs limpidité

    Avant qu’en autre temps, les voués à la rues, ne s’y retrouvent meurtris


    Fermons les yeux car aujourd’hui, plus concernés

    Laissons, laissons courir, la belle, la bonne année

    Jusqu’en deux mille neuf, cet an davantage bien né

    Où là de nouveau, on s’présentera plus d’mille souhaits …