• ULTIMES VOLONTES …





    Jour de ma mort ma fille

    Je veux que tombe la pluie

    Qu’on m’emmène loin là-bas

    Sans même une croix de bois


    Sur ce cercueil en pin

    Nul décor ni coussin

    Uniquement mon corps

    Dans cette caisse dernier port


    Bien profond qu’on m’enterre

    Que je goûte à l’enfer

    Celui de l’autre monde

    Certainement moins immonde


    Que les années de vie

    Des plus viles infamies

    Ô passées ici-bas

    Me rendant des plus las


    Point d’office religieux

    Par un curé véreux

    Cérémonie civile

    Non plus ça m’fout la bile


    Croque-morts pour me porter

    Personne à leurs côtés

    M’en aller solitaire

    Comme un coucher solaire


    Et qu’au village la fête

    Résonne donc à tue-tête

    Rien que pour le poète

    Qui se disait esthète


    Ne venez sur ma tombe

    Vous n’y verrez de nom

    Tout ce qui vous incombe

    Beuverie crénom de nom …


  • AURORE DOMINICALE …





    Aurore d’un beau dimanche

    Dimanche matin au lit

    Lit qui soudain s’éveille

    S’éveille de ta présence


    Présence qui m’éblouit

    M’éblouit de je t’aime

    Je t’aime nés de ta bouche

    Ta bouche qui m’embrasse


    M’embrasse de ta tendresse

    Tendresse que je te rends

    Te rends de mots ardents

    Ardents bras qui t’enlacent


    T’enlacent de tant d’amour

    Amour que tu désires

    Désires là sous la couette

    Couette n’osant rougir


    Rougir de nos ébats

    Ebats d’une passion

    Passion de toi de moi

    Moi que tu rends si fou


    Fou de me donner à toi

    Toi murmurant ta joie

    Joie imprégnée d’extase

    Extase commune à nous


    Nous ne faisant qu’un

    Qu’un couple merveilleux

    Merveilleux et heureux

    Heureux à l’aurore d’un dimanche …


  • TOI …





    Au bord d’un lac

    Coin d’une rue

    Rires en vrac

    Sur un lit nue


    Où que tu sois

    Quoi qu'il advienne

    Je t’aime toi

    Toi seule, toi mienne


    Simple regard

    Main dans la main

    Là dans le Var

    Ou à Pékin


    Mon âme bat

    Seulement pour toi

    Ici, là-bas

    Tout en émoi


    Unique rêve

    Orne mes nuits

    De toi ma reine

    Mon paradis


    Je t’aime toi

    Céans, ailleurs

    Telle est ma foi

    Immense bonheur …


  • DANSER …





    Danser, tanguer, flotter

    Toi et moi sur la piste

    Surtout ondoyer, planer

    Éprouver que tous deux l’on existe


    Délaisser le sérieux de ce monde

    Communément nous envoyer

    A mille lieues de la mappemonde

    Nos esprits laisser tournoyer


    Harponner les plaisirs de la vie

    Puis mieux encore virevolter

    Voyager jusqu’au bout de l’envie

    Et la félicité simplement récolter


    D’étreintes complètement envoûtantes

    S’abandonner corps à corps

    Au rythme des notes qui chantent

    Pour danser, tanguer, planer plus fort …


  • SUPPLICATION …





    J’ignore combien de temps

    Il me reste donc à vivre

    Je t’implore Dieu des vents

    Rien qu’un seul jour revivre


    Mon seul, mon bel amour

    Consommé de baisers

    Ô dans mon cœur toujours

    Tant demeuré gravé


    Décennies de souffrance

    Au quotidien prier

    Dépends-moi d’la potence

    Que je cesse d’étouffer


    Guide-moi sur la route

    Où stoppèrent ses pas

    Aide-moi coûte que coûte

    Avant l’heure du trépas


    L’aimer seulement l’aimer

    Comme lors de mes seize ans

    En nos bouches saliver

    Le parfum du nanan


    Relire dans nos yeux

    Toutes nos belles promesses

    Au coin de l’âtre en feu

    Crépitant d’notre ivresse


    Eole je t’en supplie

    Un moment, un instant

    L’unique rêve de mes nuits

    Rends-le plus que vivant …


  • LA FEMME HIVER …





    De complainte en complainte

    Je geins toute ma douleur

    Méconnaissant l’étreinte

    S’éteint lentement mon cœur


    Dieu ô toi femme glaciale

    Ne sachant dire les mots

    Ta face de cour martiale

    Au lit vire au cachot


    Ignorant moindre caresse

    Pour ton homme en attente

    Tu enfreins la tendresse

    Et les passions ardentes


    Puis refusant mes doigts

    A l’aurore de ton antre

    Il ne faut je ne dois

    Ni embrasser ton ventre


    Tu trouves tout cela sale

    Même mes mains sur tes seins

    Education bancale

    D’une mère priant les saints


    Madame vous qui me comprenez

    Prenez-moi comme amant

    Fol amour donc venez

    Sortez-moi du tourment


    Ah je vous aimerai

    Sans aucune retenue

    Je vous découvrirai

    Dans votre tenue nue …


  • LA SAGESSE …





    Trop souvent l’on s’empresse

    De condamner autrui

    Ne se souciant de sa jeunesse

    Jonchée de véreux fruits


    Ô pourrissant sans fin

    Le fil de toute une vie

    Indélébile destin

    Qui taraude l’esprit


    Se souvenir d’une remarque

    D’un parent peu docile

    Dans notre tête qui frappe

    Tu s’ras toujours imbécile


    Au moindre ami qui part

    Dans l’inconscient se rallume

    La flamme d’un vieux pétard

    Et notre cœur s’enrhume


    Vous qui eûtes la chance

    De vivre dans la tendresse

    Ne vous faites pas offense

    Gardez toujours sagesse


    Seulement comprendre l’autre

    Là dans sa profondeur

    Nul besoin d’être apôtre

    Pour semer graines bonheur …


  • LA TRAME …





    Ecrire sur l’horizon

    En lettres titanesques

    Le fruit de ma passion

    Sentiments romanesques


    Pour qu’au-delà des mers

    Ô vous mon bel amour

    Votre esprit se libère

    Du mal qui le laboure


    Me sachant à la guerre

    De ce mariage infâme

    Pire que feu de l’enfer

    Me liant à cette femme


    Acariâtre tant austère

    Me retenant de force

    Argumentant cratère

    Financier du divorce


    M’étalant sur la paille

    Brisant ma dignité

    Elevant haute muraille

    M’empêchant d’vous aimer


    Tout près, à vos côtés

    Et de vous murmurer

    Mots de toute beauté

    Comment cela endurer


    Demain je l’empoisonne

    Ah la bien bonne idée

    Même si je déraisonne

    Sûr que j’vais m’évader


    Là au creux de vos bras

    Au profond de votre âme

    Vous me cacherez voilà

    Ma bien aimée, ma dame …


  • LE MENSONGE HUMAIN …





    Dieu, Jéhovah, Bouda, Allah

    Bible, Coran, Thora, etcetera

    Foutaises que tout cela

    Pires que peste, lèpre, sida, choléra


    Frères les Dieux n’existent pas

    L’univers de lui même naquit

    Lentement évolua

    De larves jusqu’aux hommes maudits


    Qui créèrent religions

    Sources de guerres, de viles crucifixions

    Mais surtout de maints troncs

    Amasseurs et voleurs de pognon


    Fils de Dieu à la croix de bois

    Ta légende sème par trop la mort

    De par quelque foi qui mène au combat

    Et au sang versé dans tes calices d’or


    Dont tes apôtres s’abreuvent non en vain

    Hypnotisant les plus faibles des humains

    De promesses d’éternité au plus saint des saints

    Mensonges car après trépas, néant, point de demain


    Pères et mères nul ne retrouvera

    Ni avant, ni après la fin des temps

    Point un tombeau jamais ne s’ouvrira

    Seuls survivront obscurité et néant …


  • UNE MAMAN TOUT AUTANT…





    Cœur d’une maman d’accueil

    Voit gambader marmaille

    Comme des écureuils

    Mais pour que ça ne déraille


    Elle montre grands yeux

    Temps d’un apprentissage

    Découverte des lieux

    Pour eux neuves images


    Vaste dépaysement

    Séparés des parents

    Si profond gisement

    Les minant trop crûment


    Mais elle à l’âme vaste

    Au pur regard de mère

    Leur tristesse néfaste

    Bouleverse en lumière


    Puisqu’en eux allume flamme

    D’un amour inconnu

    Qui si soudain s’exclame

    Par mots doux continus


    Toi qui offres de ta vie

    Sans jamais être aigrie

    Pour fonder belle famille

    Merci maman chérie …